Transparence salariale : une révolution culturelle pour les entreprises ?
- il y a 6 jours
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La directive européenne sur la transparence des salaires, publiée le 17 mai 2023, entre progressivement dans sa phase opérationnelle. La transposition en droit française est certaine, meme si elle se fait attendre. Une chose est certaine : les entreprises doivent se préparer dès maintenant.
Il ne s'agit pas simplement d'un nouveau reporting.
Il s'agit d'un véritable changement de culture autour de la rémunération.

De quoi parle-t-on exactement ?
La directive vise à renforcer l'application du principe :
"A travail égal ou travail de même valeur, salaire égal".
Elle repose sur trois leviers majeurs :
Une obligation de résultats avec de nouveaux indicateurs sur les écarts de rémunération Hommes/Femmes.
Une obligation de moyens avec un droit accru à l'informations pour les salariés et les candidats
Un effet d'entrainement culturel. La rémunération devient un sujet collectif structuré, objectivé et questionné
Ce qui change côté recrutement
La transparence commence dès l'embauche.
Les employeurs devront :
Communiquer la fourchette salariale en amont de l'entretien
ne plus demander l'historique de rémunération des candidats
Garantir une négociation éclairée et équitable
Dans plusieurs pays, 70% à 80% des offres affichent déjà une fourchette salariale. En France, cette pratique va se généraliser.
75% des candidats se disent plus enclins à postuler lorsqu'une fourchette est indiquée. |
La transparence devient donc un levier d'attractivité.
Ce qui change en interne
La directive introduit un droit nouveau pour le salarié :
Connaitre les critères de détermination et d'évolution des rémunérations
Accéder à leur niveau de rémunération individuel dans leur catégorie d'emploi
Obtenir la rémunération moyenne par sexe dans leur catégorie d'emploi
Et surtout...
Si un écart de rémunération est supérieur à 5% constaté dans une catégorie de travailleurs, l'employeur devra :
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Un nouveau reporting remplace l'index égalité professionnelle
7 indicateurs devront être suivis dont :
a) Ecart de rémunération moyen et médian H/F
b) Ecart des rémunérations variables et complémentaires entre H et F
c) Ecart de rémunération médiane sur les rémunérations de base entre H et F
d) Ecart de rémunération médiane sur les composantes variables et complémentaires
e) La proportion de F et d'H bénéficiant de rémunérations variables et complémentaires
f) La proportion de travailleurs féminins et de travailleurs masculins dans chaque quartile.
g) Ecart de rémunération entre les femmes et les hommes par catégorie, ventilé par salaire ou traitement ordinaire de base et par composantes variables ou complémentaires.
Le seuil européen est fixé à 100 salariés mais la France pourrait conserver un seuil de 50 salariés comme pour l'index actuel |

Un enjeu bien au-delà du juridique
La transparence soulève plusieurs défis :
Risque de tensions internes
Questionnement des managers
nécessité de formaliser des critères d'évaluation
Révision des classifications et des grilles salariales
Mais elle représente aussi une opportunité :
Clarifier la politique de rémunération
Renforcer la confiance
Améliorer l'attractivité
Aligner le discours et la pratique
Toutes les entreprises sont elles concernées ?
Oui, à des degrés différents. Les obligations de reporting varient selon la taille de l'entreprise.
En revanche, le droit à l'information des salariés s'appliquera largement. La notion de "travail de même valeur" devra être définie.
Les catégories de travailleurs devront être objectivées.
Comment s'y préparer ?

Réaliser un état des lieux des écarts existants
Clarifier les critères de rémunération
Vérifier la cohérence des classifications
tester l'écart de 5% par catégorie
Sensibiliser la direction et les managers
Construire une feuille de route progressive
La transparence ne s'improvise pas. Elle devient un sujet d'image, de confiance et de crédibilité.
Les candidats attendent de la clarté
Les salariés attendent de l'équité
Les partenaires sociaux attendent des explications
La question n'est plus : devons nous devenir transparents ? mais plutôt "Comment voulons nous organiser cette transparence ?"
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